Le chanteur congolais Achille Mouebo s’est éteint ce mardi 21 octobre 2025 à Pointe-Noire, à l’âge de 54 ans. Fondateur du style « mutenfo-pop », il laisse derrière lui une œuvre riche, ancrée dans les traditions du Congo et ouverte sur le monde.
Le monde de la musique congolaise est en deuil. Achille MOUEBO, chanteur, compositeur et créateur du genre « mutenfo-pop », est décédé au première heure de la matinée du mardi 21 octobre 2025 à Pointe-Noire. Les circonstances exactes de sa mort ne sont pas encore connues, mais la nouvelle a plongé ses fans dans une profonde tristesse.
Né en 1971 à Pointe-Noire, Achille Mouebo s’était imposé, au fil des décennies, comme une figure majeure de la scène musicale congolaise. Sa carrière débute en 1990, avant la création de son propre groupe six ans plus tard. En 2002, il sort son premier album, Filiation, enregistré à Douala, au Cameroun, marquant ainsi le début d’un parcours artistique hors du commun.
Son style, qu’il baptise « mutenfo-pop », mêle habilement les sonorités du rock, du folk et du zouk à celles des rythmes traditionnels Kuni, son ethnie d’origine. Ce métissage musical, original et audacieux, devient sa signature. Achille Mouebo chantait aussi bien en français, en kituba, en lingala qu’en Kuni, prônant l’unité dans la diversité linguistique du Congo.
Derrière l’artiste, se cachait un homme engagé. Très tôt, Achille Mouebo s’investit dans des causes sociales, notamment la lutte contre le sida. Une partie des bénéfices de ses concerts était reversée à cette lutte, traduisant sa conviction que la musique pouvait aussi être un instrument de changement. Ses textes, empreints de réalisme et de poésie, abordaient les défis de la jeunesse, la fraternité, l’amour, la tradition et le renouveau.
Handicapé dès l’âge de deux ans à la suite d’une injection qui lui fit perdre l’usage de la jambe gauche, Achille Mouebo fit de cette épreuve une force. « Je suis né valide… mais à la suite d’une injection », confiait-il un jour. Cette résilience transparaissait dans sa musique comme dans sa vie, inspirant toute une génération.
Son public, fidèle et multigénérationnel, s’étendait bien au-delà de Pointe-Noire, jusqu’aux départements du Kouilou et du Niari, sans oublier la diaspora congolaise qui voyait en lui un symbole de persévérance et d’authenticité.
Avec sa disparition, c’est une voix singulière qui s’éteint, mais une œuvre qui continue de parler. Achille Mouebo laisse un héritage artistique fait de fusion, de messages forts et de sonorités enracinées dans la culture congolaise.
Artiste plurilingue et polyvalent, il aura su prouver que la musique pouvait être à la fois populaire et réfléchie. Un passeur de culture, un militant de l’âme congolaise, un artisan de joie et de sens.
La disparition d’Achille Mouebo intervient à peine deux semaines après celle de Pierre Moutouari, légende de la rumba congolaise décédée le 8 octobre 2025 à Paris. En l’espace d’un mois, le Congo perd deux voix majeures de sa scène musicale. Deux artistes que tout semblait opposer par le style, mais que rapprochait la même passion pour la musique et l’amour du pays. Leurs mélodies continueront de résonner comme un double héritage d’émotion et de fierté nationale.
Adieu à Achille Mouebo, celui qui avait fait du “mutenfo-pop” une promesse de joie, d’unité et d’espérance.
🖋️ Article rédigé par Vivace MAMBOUANA
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