Poète, slameur et auteur congolais, Cardy Youelo s’impose comme l’une des voix montantes du slam africain. Entre scène, engagement social et quête de conscience collective, son art transcende les frontières et interpelle les réalités du monde contemporain. Portrait d’un artiste pour qui la parole est une arme pacifique et la poésie, un acte de résistance.
Né le 27 août 2002 à Brazzaville, en République du Congo, Bienatiki Youega Cardy Lobel, connu sous le nom de Cardy Youelo, incarne une nouvelle génération d’artistes africains engagés. Poète, slameur et auteur, il s’est forgé une identité singulière dans l’univers du slam, faisant de la parole un outil de questionnement, de dénonciation et d’espoir.
C’est en 2021 que Cardy Youelo découvre le slam, à l’occasion de la célébration de l’an un de l’Université Denis Sassou Nguesso. Une révélation. La même année, il intègre l’atelier de slam et d’écriture de l’Institut français du Congo ainsi que celui du Centre culturel russe. Dès lors, il se consacre pleinement à cet art oratoire où la voix épouse la pensée et où chaque mot devient porteur de sens.
Son ascension est fulgurante. En 2021, il termine premier à la compétition départementale de slam et décroche le titre de champion de Brazzaville. L’année suivante, il se hisse à la deuxième place du Prix national de slam 2022 à Pointe-Noire, confirmant ainsi son talent sur la scène nationale. En juillet 2022, il obtient la troisième place lors de la compétition en hommage à Pouchkine, organisée par la Maison russe.
Mais Cardy ne se limite pas aux distinctions. Toujours en quête de défis, il participe en 2023 au Tremplin Slam, organisé par l’Institut français du Congo en partenariat avec Universal Music et Vivendi Create Joy. Il y décroche la première place et devient champion du Tremplin Slam 2023, un sacre qui lui ouvre les portes du festival Mboté Hip-Hop, où il affirme davantage sa notoriété.
L’un des moments marquants de son parcours reste sa prestation devant le Président de la République du Congo, lors de laquelle il déclame un texte intitulé « De l’ombre à la lumière ». Un message fort, appelant à l’éducation et à la paix comme piliers essentiels du développement. Une démarche fidèle à sa vision artistique : faire de la poésie un levier de transformation sociale.
Sur scène, Cardy Youelo interroge sans détour les contradictions du monde contemporain.
« Dans quelle rallonge de l’existence trouve-t-on la prise de conscience ? », lance-t-il au public, invitant chacun à une introspection profonde.
Dans un autre texte percutant, il confronte les réalités géopolitiques et humaines :
« Pendant qu’Israël se protège avec des armes lourdes, à l’Est de la RDC les gens se protègent avec le Dieu d’Israël. »
Des mots qui résonnent comme un cri d’alerte face aux injustices et aux déséquilibres mondiaux.
Son écriture, souvent qualifiée de tranchante, se nourrit aussi d’une critique interne du continent africain. Dans Afrique Revolver, il dénonce les divisions qui freinent l’émancipation collective. Et dans Black-out, il interpelle :
« Comment voulez-vous que le développement décroche à l’appel ? On n’a même pas d’unité. »
En 2024, Cardy Youelo confirme sa maturité artistique lors de la troisième édition du festival Slamouv, à l’Institut français du Congo, où il livre un spectacle salué par le public. La même année, il est invité d’honneur au Palais des congrès par la slameuse Mariusca Mounkengue, à l’occasion du concert Ilimbi.
Aujourd’hui installé en France, Cardy Youelo continue de porter haut la voix du slam congolais. Il fait de sa voix un instrument au service des autres et de sa plume un rempart contre la violence, l’exclusion et l’indifférence. Défenseur des valeurs de l’unité africaine, du vivre-ensemble, de la paix et de la non-violence, notamment à l’égard des femmes et des personnes marginalisées, il s’impose comme un poète des temps modernes, conscient de son époque et résolument tourné vers l’avenir.
🖋️ Article rédigé par Vivace MAMBOUANA
Réunie en Assemblée générale le 30 janvier à Brazzaville, l’Académie des sciences et technologies du…
Dans un communiqué officiel publié le 16 janvier 2026, le préfet du département de Brazzaville…
Dans une déclaration rendue publique le 26 janvier 2026 et diffuser ce 27 janvier, le…
Réuni à Brazzaville les 23 et 24 janvier 2026, le Conseil national de l’UPADS a…
À l’issue d’un échange avec le président congolais Denis Sassou-Nguesso, le Président de la République…
Le ministère de l’Intérieur et de la Décentralisation a fixé la période de dépôt des…