Société

4182 VIOLATIONS DES DROITS HUMAINS AU CONGO EN 2025 SELON LE CAD

Dans son rapport 2025, présenté à Brazzaville, le Centre d’Actions pour le Développement (CAD) alerte sur une dégradation « sans précédent » des droits civils et politiques en République du Congo, marquée par une explosion des violations, des opérations sécuritaires meurtrières et l’absence de contre-pouvoirs institutionnels.

Le CAD explique que son rapport, fondé sur des enquêtes de terrain et des entretiens avec victimes et témoins, a pour objectif « d’informer, d’alerter et d’encourager des actions concrètes ». L’organisation documente 4182 violations en 2025, contre 1814 l’année précédente, soit une hausse de 131%.

L’essentiel de cette aggravation serait lié à « des opérations policières et militaires » et surtout à l’action de la Direction générale de la sécurité présidentielle (DGSP), présentée comme « un pouvoir parallèle » responsable « d’exécutions extrajudiciaires, de rafles massives, de destructions d’habitations » et de familles laissées « sans abri ».

Le rapport dénonce également une « fragilité institutionnelle » : ni le Parlement, ni la justice, ni la Commission nationale des droits de l’homme n’auraient dénoncé les abus. Résultat : « une unité militaire concentre la force létale et l’impunité ».

Plusieurs violations sont en forte hausse : torture (+805%), disparitions forcées (+67%), détentions arbitraires (+266%) et atteintes au droit à la vie (+25,5%). Le CAD révèle aussi un épisode inédit dans le nord du pays : la déportation et l’exploitation d’une cinquantaine de personnes dans des champs de cacao en RDC, sans réaction des autorités locales.

Le rapport pointe enfin des institutions « neutralisées », un « rétrécissement des libertés publiques » et une absence de prise en charge des victimes : « L’État est le bourreau », résume le CAD.

L’organisation formule plusieurs recommandations, dont :
– la création d’une commission d’enquête indépendante ;
– un registre centralisé des personnes arrêtées ;
– l’arrêt immédiat des opérations de la DGSP ;
– l’indemnisation des familles dont les maisons ont été détruites ;
– la réforme de la législation sur les manifestations ;
– le retour des autochtones déportés en RDC.

« Ce rapport est un appel à la responsabilité collective », conclut le CAD, rappelant que la défense des droits humains demeure « le fondement de la stabilité et de la paix véritable ».

Recent Posts

L’AMBASSADE DES ÉTATS-UNIS LANCE UNE NOUVELLE COHORTE DU PROGRAMME ACCESS MICRO-SCHOLARSHIP

À Brazzaville, la troisième édition du programme Access Micro-Scholarship a été officiellement lancée ce 17…

19 heures ago

GOUVERNEMENT JUSTE APRÈS L’INVESTITURE

Exclusif : des fuites révèlent l'architecture du nouveau gouvernement, entre fidélité de fer et surprises…

2 jours ago

TOTAL ENERGIES ANNONCE UNE NOUVELLE DÉCOUVERTE D’HYDROCARBURES SUR LE PERMIS MOHO AU LARGE DU CONGO

Total Energies annonce une nouvelle découverte d’hydrocarbures sur le permis Moho, au large de la…

3 jours ago

HUAWEI ET LA RÉPUBLIQUE DU CONGO ACCÉLÈRENT LEUR PARTENARIAT

Nommé récemment directeur général de Huawei Technologies en République du Congo, Faustin Xu a été…

3 jours ago

LE FAN CLUB KANDZA MWENE INVITE LES CONGOLAIS À UNE FORTE AFFLUENCE AU STADE DE KINTÉLÉ

À quelques jours de l’investiture du président Denis Sassou Nguesso, prévue le 16 avril 2026,…

4 jours ago

NINON GOUAMBA LANCE À KINTÉLÉ LA MOBILISATION POUR L’INVESTITURE DR DSN

À quelques jours de l’investiture du Président de la République Denis Sassou Nguesso, prévue le…

6 jours ago