Politique

CONSTANT SERGE BOUNDA, UN DIPLOMATE CHEVRONNÉ AUX COMMANDES DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES

La République du Congo tourne une page diplomatique majeure. Nommé par le président Denis Sassou Nguesso sur proposition du Premier ministre Anatole Collinet Makosso, Constant Serge Bounda a officiellement pris les rênes du ministère des Affaires étrangères, de la francophonie et des Congolais de l’étranger, lors d’une cérémonie de passation de service chargée en symboles et en émotion.

C’est un homme visiblement heureux de « reconnaître autant de visages familiers » qui a pris la parole devant les ambassadeurs, les cadres du ministère et les représentants de la presse. Et pour cause : Constant Serge Bounda n’est pas un inconnu dans cette maison. Diplomate de carrière, rompu aux arcanes des grandes organisations internationales, il en connaît les codes, les exigences et les enjeux mieux que quiconque.

Dès les premières minutes de son discours inaugural, le nouveau ministre a choisi de donner le ton. Citant l’hymne national congolais, il a rappelé avec force le sens profond de sa mission : « Congolais debout, fièrement partout. C’est également ça, les affaires étrangères. » Représenter la République, le peuple congolais et sa diaspora dans toute sa diversité : voilà la boussole qu’il s’est fixée.

Son parcours lui donne toute la légitimité pour relever ce défi. Longtemps actif au sein du système des Nations Unies, il a contribué aux dossiers stratégiques du bassin du Congo, notamment aux côtés de la regrettée prix Nobel de la paix Wangari Maathai, et participé aux grandes échéances climatiques internationales, dont le sommet Rio+. « Sous le leadership du président de la République, j’ai toujours conservé un ancrage profond avec notre pays, que je me suis efforcé de servir avec passion, responsabilité et fierté », a-t-il confié à l’assistance.

Plus récemment, en tant qu’ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire au Mozambique, avec juridiction sur Madagascar, Maurice, les Seychelles, les Comores et le Malawi, il a mesuré de près « l’importance stratégique » de cet espace régional de l’océan Indien, qu’il décrit comme « objet de nombreuses convoitises au niveau géopolitique ». Il était encore en poste à Maputo quarante-huit heures avant la cérémonie. Un détail qui en dit long sur le rythme de la diplomatie.

Avant de regarder vers l’avenir, Bounda a tenu à honorer celui qui l’a précédé. À l’endroit de Jean-Claude Gakosso, qu’il décrit comme un homme « pétri de culture, diplomate de mérite », ayant incarné « avec constance, intelligence, tactique et élégance la diplomatie congolaise » durant onze années, il a exprimé une « profonde reconnaissance », saluant « l’empreinte durable » laissée à la tête de ce ministère régalien.

Sur le fond, le nouveau ministre n’a laissé aucun doute sur ses priorités. Dans un monde marqué, selon ses propres termes, par « des tensions, la fragmentation et l’affaiblissement des organisations internationales », il estime que « la diplomatie s’impose comme un outil de souveraineté, d’exécution et de projection ». Sa feuille de route s’inscrit résolument dans le projet de société présidentiel pour le quinquennat 2026-2031, avec un objectif clair : « Faire de la diplomatie congolaise un instrument résolument tourné vers le développement au bénéfice direct du peuple congolais. » Il a précisé que près de 10% des axes prioritaires du projet de société nécessitent des partenariats extérieurs, faisant de l’ouverture au monde un impératif stratégique incontournable.

Lucide sur l’ampleur de la tâche, il a reconnu sans détour : « Je suis pleinement conscient du caractère exigeant, voire titanesque, de la mission qui m’est confiée. Une mission que je ne saurais accomplir seul. » Un appel à la mobilisation collective adressé à l’ensemble des diplomates et agents du ministère, à Brazzaville comme dans les missions à l’étranger.

C’est donc avec « humilité, mais avec une détermination sans faille » que Constant Serge Bounda entame ce nouveau chapitre. Le Congo peut compter sur un homme de dossier, de terrain et de conviction pour porter sa voix sur la scène internationale.


🖋️ Article rédigé par Vivace MAMBOUANA

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