L’Union Patriotique pour le Renouveau National (UPRN) a annoncé, le 14 février à Brazzaville, son retrait du dialogue politique national prévu à Djambala du 16 au 19 février 2026, dénonçant un processus électoral « verrouillé d’avance » et remettant en cause la légitimité du cadre de concertation.

Dans un contexte politique déjà très sensible à quelques semaines de l’élection présidentielle prévue cette année, l’Union Patriotique pour le Renouveau National (UPRN) a annoncé son retrait officiel du dialogue politique de Djambala, prévu du 16 au 19 février 2026 dans la ville des Plateaux.
La décision de l’UPRN, rendue publique le 14 février à Brazzaville lors d’un point de presse, découle d’un rejet total du format et des objectifs du dialogue. Le parti, à travers une déclaration lue par Éric Okona, membre du comité directeur, estime que la classe politique congolaise « n’a plus le droit de reproduire les fautes du passé » et que les dialogues précédents n’ont jamais abouti à des réformes structurelles significatives en matière électorale.
Pour les dirigeants de l’UPRN, ce dialogue ne serait qu’une forme de légitimation d’un scrutin qu’ils jugent déjà « verrouillé d’avance », sans garanties suffisantes pour assurer la transparence, l’équité et la confiance des acteurs politiques et des électeurs.
« Pas de tourisme à Djambala », a insisté la déclaration, soulignant le refus d’aller simplement participer à une rencontre qui, aux yeux du parti, reproduirait les mêmes travers que les concertations politiques tenues avant les précédentes échéances électorales nationales.
Le dialogue politique de Djambala est organisé à un moment déterminant de la vie politique congolaise, quelques semaines seulement avant la présidentielle. Il vise officiellement à rassembler les forces politiques autour des enjeux démocratiques, de la paix et de la stabilité en perspective du scrutin.
Mais au sein de l’opposition, plusieurs voix expriment des réserves sur l’efficacité réelle de ces forums. Les critiques avancent que ces dialogues ont, par le passé, manqué d’impact concret sur les réformes institutionnelles et électorales, et ont souvent servi à conférer une façade de légitimité à des processus contestés.
Réactions et perspectives politiques
L’annonce du retrait de l’UPRN ouvre une nouvelle page dans les débats nationaux. En interne, le parti a également décidé de reporter son symposium national, initialement prévu pour les 14 et 15 février, aux 21 et 22 février prochains. Ce rendez-vous a pour thème principal « Le vrai bilan de 42 ans de pouvoir sans partage de l’État PCT », et vise à analyser les défis politiques, économiques et sociaux qui, selon l’UPRN, « plombent » la République du Congo.
Alors que certains acteurs appellent à la poursuite des discussions dans un cadre plus inclusif, d’autres estiment que le climat politique actuel nécessite des réformes institutionnelles audacieuses plutôt que des dialogues dont l’impact est jugé faible.

L’UPRN n’est pas le premier parti à exprimer des frustrations vis-à-vis des modalités de concertation politique dans le pays. Sur fond d’échéances électorales majeures, plusieurs acteurs politiques appellent à une reconfiguration du paysage démocratique, avec des revendications centrées sur la transparence des processus électoraux, le respect des libertés publiques et l’inclusion de toutes les forces vives de la nation.
L’annonce du retrait de l’UPRN du dialogue de Djambala marque un tournant dans le débat politique congolais. Elle met en lumière les divergences profondes au sein de l’opposition et les critiques persistantes sur la manière dont les consultations politiques sont organisées, posant des questions cruciales sur la légitimité et l’avenir des processus démocratiques dans le pays.
🖋️ Article rédigé par Vivace MAMBOUANA


