À la veille du scrutin présidentiel du 15 mars 2026, la campagne électorale s’ouvre officiellement ce samedi 28 février sur fond de démonstration de force du pouvoir en place et de tentative de mobilisation de l’opposition dans les villes de l’intérieur du pays. De Pointe-Noire à Ouesso, en passant par Sibiti, les principaux candidats donnent le ton d’une bataille politique aux enjeux multiples.

La campagne pour l’élection présidentielle entre dans sa phase active au Congo. Premier à occuper le terrain, le président sortant Denis Sassou Nguesso lance officiellement sa campagne à Pointe-Noire, capitale économique et cœur pétrolier du pays. Un choix stratégique pour le chef de l’État, candidat à sa propre succession, dans une ville considérée comme un bastion électoral majeur et un symbole de la vitalité économique nationale.
Au pouvoir depuis plus de quatre décennies cumulées, le président entend capitaliser sur son bilan en matière de stabilité institutionnelle et de grands projets d’infrastructures. Le lancement récent des travaux de réhabilitation du Chemin de fer Congo-Océan (CFCO), axe stratégique reliant Brazzaville à Pointe-Noire, s’inscrit d’ailleurs dans un contexte de pré-campagne marqué par une forte visibilité de l’action gouvernementale.

Face au candidat du pouvoir, l’opposition tente de structurer sa riposte, bien que fragmentée. À Ouesso, dans le département de la Sangha, Destin Gavet, 34 ans, ouvre sa campagne. Le plus jeune candidat de cette présidentielle veut incarner le renouvellement générationnel et porter un discours axé sur l’emploi des jeunes, la gouvernance et la justice sociale.
De son côté, Joseph Kignoumbi Kia Mboungou choisit Sibiti, dans la Lékoumou, pour mobiliser ses partisans. Figure politique connue du paysage congolais, il entend défendre une alternative qu’il présente comme plus inclusive et tournée vers la réforme institutionnelle.
Le choix de ces villes de l’intérieur traduit une volonté de quadrillage territorial et de proximité avec les populations locales, loin des grandes agglomérations traditionnellement dominées par le pouvoir central.
UNE CAMPAGNE SOUS HAUTE ATTENTION ?

Si l’issue du scrutin paraît, pour de nombreux observateurs, favorable au président sortant, la campagne s’annonce néanmoins déterminante en termes de participation et de mobilisation populaire. Les attentes sociales restent fortes dans un pays où les défis liés au chômage, au pouvoir d’achat et aux services publics demeurent centraux dans le débat public.
La campagne s’achèvera le 13 mars, deux jours avant le vote prévu le 15 mars. D’ici là, chaque camp tentera de consolider ses bases, convaincre les indécis et occuper l’espace médiatique dans un contexte politique où l’équilibre des forces reste largement en faveur du pouvoir en place.
Trois villes, trois dynamiques, un même enjeu : convaincre les électeurs dans une présidentielle qui, au-delà du résultat attendu, constitue un nouveau test pour la vitalité démocratique du Congo.
🖋️ Article rédigé par Vivace MAMBOUANA












