À la COP30 de Belém, la Banque de Développement des États de l’Afrique centrale (BDEAC) a réussi une mobilisation inédite d’États et de partenaires techniques et financiers autour du Fonds Bleu du Bassin du Congo (F2BC). La pré-table ronde consacrée à la recherche de financements pour un portefeuille de 43 projets prioritaires a suscité un fort engouement, posant les bases d’engagements majeurs attendus lors de la table ronde de mai 2026 à Brazzaville.

La pré-table ronde des investisseurs dédiée au financement du Premier Programme des Projets Prioritaires du Fonds Bleu pour le Bassin du Congo (F2BC) a suscité une mobilisation exceptionnelle lors de la COP30, organisée du 12 au 19 novembre 2025 à Belém. Sous la coordination de la Banque de Développement des États de l’Afrique centrale (BDEAC), gestionnaire du Fonds, cette rencontre stratégique a marqué une avancée décisive pour la préservation et le développement durable du Bassin du Congo.
Estimé à 3,6 milliards USD, soit environ 2 200 milliards de FCFA, le programme présenté comprend 43 projets identifiés et validés par les 17 États membres de la Commission Climat du Bassin du Congo (CCBC). Il couvre des secteurs clés tels que la gestion durable des ressources naturelles, les infrastructures résilientes, la recherche scientifique, la santé environnementale, la pêche et le tourisme écologique. Il s’agit du premier outil structuré visant à accélérer une transformation durable dans la deuxième plus grande forêt tropicale de la planète.
Une mobilisation internationale sans précédent
Cette pré-table ronde a réuni un large éventail de pays membres de la CCBC, dont l’Angola, le Rwanda, la République Démocratique du Congo, le Cameroun, le Gabon, l’Ouganda, la Centrafrique, le Congo, ainsi que le Royaume du Maroc. À leurs côtés, plusieurs partenaires stratégiques ont répondu présents : la France, l’Allemagne, les pays nordiques, le Brésil ou encore la Chine.
Plus d’une vingtaine d’institutions financières et organisations internationales ont également participé, parmi lesquelles le Président de la COP29, la Banque Africaine de Développement (BAD), le Fonds Vert Climat (FVC), Afreximbank, la Banque Islamique de Développement, la Banque de Développement de l’Afrique de l’Est, l’UNOPS, WRI-Africa, Wildlife Works et l’Union Africaine. La société civile et les collectivités locales, représentées notamment par la Présidente de la Fondation Wangari Maathai, ont également pris part aux travaux.
Plusieurs bailleurs y ont annoncé des intentions de financement ou des engagements fermes, confirmant le positionnement du Bassin du Congo comme un enjeu mondial du climat.

Un leadership politique affirmé
L’événement était placé sous le haut patronage de Denis Sassou N’Guesso, Président de la République du Congo et Président de la Commission Climat du Bassin du Congo. La session a été présidée par Arlette Soudan-Nonault, Ministre de l’Environnement, du Développement durable et du Bassin du Congo, également Secrétaire Exécutive de la CCBC. Elle était accompagnée de Jean Paterne Megne Ekoga, Vice-président de la BDEAC, représentant le Président de la Banque.
Le leadership politique des pays membres, souligné lors des travaux, a été salué par les partenaires présents, qui y voient un signal fort pour la mise en œuvre rapide des projets.

La mobilisation financière obtenue à Belém constitue une première étape. Les engagements fermes seront officialisés lors de la grande table ronde des bailleurs de fonds prévue en mai 2026 à Brazzaville, en marge des Assemblées Annuelles de la BAD. Le Fonds Bleu lancera alors un appel renouvelé aux partenaires internationaux pour réunir les 10 milliards USD nécessaires à l’ensemble de ses programmes, dont 3,6 milliards pour le portefeuille prioritaire déjà prêt à être exécuté.
Pour rappel, 77 % des projets présentés sont nationaux et 23 % régionaux, tous validés selon des critères rigoureux d’impact social et environnemental. Ils constituent un ensemble cohérent destiné à renforcer la résilience des populations, lutter contre la déforestation, diversifier les économies locales et protéger durablement le Bassin du Congo.
En tant que gestionnaire du F2BC, la BDEAC joue un rôle déterminant dans la structuration, le financement et la mise en œuvre de ces projets. L’institution ambitionne de faire du Fonds Bleu l’un des mécanismes de financement climatique les plus ambitieux du continent, capable de soutenir durablement les 17 pays membres de la CCBC.
Avec la forte mobilisation enregistrée à Belém, le Fonds Bleu pour le Bassin du Congo s’impose plus que jamais comme une initiative panafricaine incontournable face aux défis climatiques et environnementaux mondiaux.






