samedi, janvier 17, 2026
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À l’occasion de la Journée internationale des droits de l’homme, le festival Slam pour les droits humains a offert, le 10 décembre à l’Institut Bana Moyi, une scène engagée où les plus grandes voix du slam congolais ont dénoncé injustices, arbitraire et absence d’alternance, devant un public conquis.

Brazzaville a vibré ce mercredi soir au rythme des mots, des textes et d’une parole profondément engagée. Pour la grande soirée de clôture du festival Slam pour les droits humains, l’Institut Bana Moyi s’est transformé en véritable espace civique, où l’art a servi d’arme pour dénoncer les injustices et rappeler les valeurs démocratiques.

Sur scène, une véritable « ligue des champions » du slam congolais. Black Day, vice-championne du Congo 2024, a ouvert la soirée avec une sincérité désarmante. Aris’Lam, champion du Congo 2024 et champion d’Afrique 2025, a enchaîné avec des textes au rythme percutant. Black Panther, champion 2015, et Guer2mo, champion 2018 et lauréat du prix Nelson Mandela-Graça Machel 2025, ont ensuite fait monter l’intensité dans une salle attentive et émue.

« Guerre de mots pour la démocratie »

Au cœur du spectacle, Guer2mo explique l’essence de cette performance artistique :
« À chaque scène, nous prenons position pour le changement, pour l’alternance. Nos textes parlent de liberté d’expression, d’éducation, de santé, mais aussi de démocratie. ‘Guerre de mots’, c’est utiliser nos mots pour combattre les problèmes de la société. L’un des plus grands, c’est le manque d’alternance. Si chacun avait la possibilité de gouverner à sa manière, le pays avancerait autrement. »

Pour lui, le slam devient un espace où l’on dit tout haut ce que beaucoup pensent tout bas. Une parole sans fard, qui bouscule, interpelle et engage.

Initiateur de l’événement, le Centre d’Actions pour le Développement (CAD) a voulu créer une tribune d’expression libre. Son directeur exécutif, Trésor Nzila, rappelle l’importance du lien entre art et droits humains : « Nous avons organisé ce concert parce que l’art rend visibles les combats invisibles. Au-delà des discours politiques, il permet d’exprimer l’arbitraire, les injustices. Dans notre démarche, l’art est un levier pour promouvoir les valeurs démocratiques et les droits humains. Voilà tout le sens de ce concert. »

Un public surpris, conquis, et inspiré

Dans la salle, les réactions ont été fortes. Patrick El Matador, artiste slameur et promoteur culturel, salue une initiative « magnifique et très louable » : « On a ici une véritable vitrine pour les slameurs. Ils expriment les droits humains avec force et respect du thème. C’est une très belle initiative du CAD. »

Pour d’autres spectateurs, comme M. Dred Moussoula, venu « par curiosité », la soirée a été une révélation : « Je suis surpris de voir des artistes qui osent dire ce que beaucoup n’osent pas dire. C’est important, surtout en cette Journée des droits de l’homme. Dans l’art, on peut se permettre des vérités qu’on ne pourrait jamais dire publiquement. »

En donnant la parole aux artistes, le festival Slam pour les droits humains a montré que la scène slam congolaise peut être un puissant moteur de transformation sociale. Les slameurs y ont livré une parole libre, courageuse et incisive, rappelant que la lutte pour les droits humains ne se mène pas seulement dans les institutions, mais aussi sur scène, dans les mots, et dans le cœur de ceux qui écoutent.

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Journaliste Reporter d'images, Correspond France 24

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