samedi, janvier 17, 2026
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À l’issue du congrès inaugural de son parti, l’Alliance, Mabio Zinga Mavoungou a officiellement annoncé sa candidature à l’élection présidentielle de mars 2026. Dans un discours fleuve et sans concession, l’opposant a dressé un tableau sombre de plus de quatre décennies de gouvernance du Parti congolais du travail (PCT), qu’il qualifie de faillite politique, morale et sociale, appelant à une rupture profonde et à une refondation de la République.

À Pointe-Noire, dans une atmosphère solennelle marquée par la fin du congrès inaugural de l’Alliance, Mabio Zinga Mavoungou a levé toute ambiguïté sur ses intentions politiques. Devant des congressistes acquis à sa cause, le président de cette jeune formation politique a accepté d’être le porte-étendard du parti à l’élection présidentielle prévue en mars 2026, se positionnant résolument face au pouvoir en place.

« Le Congo doit être géré autrement », a martelé le candidat, qui inscrit son engagement dans ce qu’il présente comme une « renaissance politique » et un devoir historique envers le peuple congolais. Pour Mabio Zinga Mavoungou, il ne s’agit pas d’une candidature de circonstance, mais d’un choix assumé, mûri et validé par les instances de son parti, dans la continuité d’une décision déjà évoquée lors d’une session du bureau politique tenue en juillet 2025 à Pointe-Noire.

UN RÉQUISITOIRE CONTRE PLUS DE QUATRE DÉCENNIES DE POUVOIR

Au cœur de son intervention, le leader de l’Alliance a livré une charge sévère contre le Parti congolais du travail, qu’il tient pour responsable de l’état actuel du pays. Selon lui, les résultats de plus de quarante ans de gouvernance sont « accablants » : un État affaibli, une jeunesse livrée au chômage, des services publics défaillants et une pauvreté devenue structurelle.

Égrenant les secteurs en crise (eau potable, électricité, santé, éducation, routes, agriculture ) Mabio Zinga Mavoungou a dénoncé ce qu’il qualifie de « faillite morale et politique » du système en place. « Ce n’est pas seulement un échec économique, c’est l’effondrement d’un modèle fondé sur la peur, la complaisance et la confiscation du pouvoir », a-t-il affirmé, pointant une démocratie qu’il juge de façade et des élections sans véritable alternance.

Dans un ton tour à tour grave et ironique, le candidat a accusé le régime d’avoir substitué la compétence par la loyauté, la méritocratie par le clientélisme et l’État par des réseaux d’intérêts. Il a également dénoncé l’affaiblissement des institutions, estimant que le Parlement, la justice et la presse ont perdu leur rôle de contre-pouvoir, au profit d’un système dominé par la peur et la résignation.

Sur le plan économique, Mabio Zinga Mavoungou a dressé le portrait d’un pays riche en ressources mais pauvre pour sa population. Il a évoqué le sort des retraités, des étudiants, des paysans et des travailleurs urbains, soulignant l’explosion du coût de la vie, l’enclavement des territoires et l’abandon du monde rural. « Le Congo importe ce qu’il peut produire et exporte sa richesse sans en faire bénéficier ses citoyens », a-t-il déploré.

Face à ce qu’il décrit comme une « imposture prolongée », Mabio Zinga Mavoungou appelle à un changement de cap radical. Pour lui, « 40 ans de pouvoir, ça suffit ». Il plaide pour une transition politique fondée sur la vérité, la responsabilité et la restauration de la dignité nationale, estimant que le pays n’a pas besoin de réformes cosmétiques, mais d’une véritable refondation républicaine.

Sa candidature, assure-t-il, se veut pacifique et démocratique. Il invite ses militants à battre campagne sur le terrain, dans les familles, les quartiers, les villages et les lieux de travail, afin de transformer l’exigence de l’alternance en dynamique populaire. « Cette candidature n’est pas celle d’un homme, mais celle d’un peuple qui refuse la résignation », a-t-il insisté.

UNE BATAILLE POLITIQUE AUX ENJEUX MAJEURS

En se lançant dans la course à la magistrature suprême, Mabio Zinga Mavoungou entend incarner une alternative politique dans un contexte marqué par la domination du PCT et la fragmentation de l’opposition. Il inscrit son combat dans la lignée de figures politiques et militaires qu’il estime avoir payé le prix de leur engagement pour la démocratie, faisant de la présidentielle de 2026 un rendez-vous décisif pour l’avenir du pays.

À trois mois de l’échéance électorale, cette déclaration de candidature ouvre une nouvelle séquence politique. Reste à savoir si l’appel à la rupture porté par l’Alliance saura dépasser le cercle militant pour convaincre un électorat en quête de changement, mais aussi de crédibilité et de garanties démocratiques.

🖋️ Article rédigé par Vivace MAMBOUANA

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Journaliste Reporter d'images, Correspond France 24

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