La session criminelle de la cour d’appel de Brazzaville s’est ouverte le 24 novembre au Palais de justice, marquée par la prestation de serment des dix jurés appelés à statuer sur 52 affaires, majoritairement liées à l’atteinte à la vie et à l’intégrité physique. Une session très attendue dans un contexte de criminalité persistante et d’engorgement judiciaire.

La cour d’appel de Brazzaville a lancé, le 24 novembre, sa nouvelle session criminelle lors d’une audience solennelle présidée par le président de la juridiction, Jean Ngombo. Comme le veut la tradition, la cérémonie a débuté par la prestation de serment des dix membres du jury, deux femmes et huit hommes, chargés d’accompagner les magistrats dans l’établissement de la culpabilité ou de l’innocence des accusés.
Cette session, qui se déroulera jusqu’au 9 janvier 2026, inscrit au rôle 52 affaires, principalement liées à des atteintes à la vie, à l’intégrité corporelle ou encore à des actes de grande violence. Un volume qui reflète la persistance d’une criminalité souvent dénoncée par les acteurs de la justice et de la société civile.
En présence du Premier président de la Cour suprême, Henri Bouka, l’avocat général près la cour d’appel, Privat Roméo Pathel Itoua, a rappelé aux jurés la portée de leur engagement. « Vous jurez de conserver le secret des délibérations, même après la cessation de vos fonctions. Ce serment est lourd de sens et de significations », a-t-il insisté, appelant chacun à agir avec responsabilité et impartialité.
La tenue régulière des sessions criminelles demeure un enjeu capital, comme l’a souligné Me Andrée Brigitte Nzingoula, Bâtonnier de l’Ordre des avocats. « Dans un pays où certains crimes odieux demeurent impunis, où des détenus attendent parfois des années pour être jugés, cette session est un moment fort de la justice pénale », a-t-elle déclaré. Elle salue à ce titre les efforts récents du ministère de la Justice pour réduire les retards accumulés.

Pour Jean Ngombo, président de la cour criminelle, cette session intervient dans un contexte de tensions sécuritaires marqué par les agissements de bandes organisées, parfois appelées « kulunas ». « Il nous revient, à nous magistrats, de donner la réponse judiciaire adéquate à ces dérives », a-t-il affirmé. Il a rappelé les opérations menées par la force publique, telles que « coups de poing » et « zéro kuluna », tout en insistant sur la nécessité d’une réponse judiciaire ferme mais équitable.
La première affaire examinée concerne le ministère public et les ayants droit de Koumou Obambi Alain Roger contre huit accusés, poursuivis pour vol qualifié et meurtre. Cette première journée a été consacrée à l’enquête de personnalité des prévenus, étape essentielle avant l’ouverture des débats.
En ouvrant cette session criminelle, la justice congolaise tente de répondre aux attentes d’une population qui réclame davantage de transparence, d’efficacité et de célérité dans le traitement des crimes les plus graves. Les semaines à venir seront décisives pour les dizaines de familles en quête de vérité et de réparation.





