Dans le département de la Lékoumou, l’organisation Espace Opoko mène depuis plusieurs années un combat silencieux mais décisif pour l’éducation des enfants autochtones. Grâce à une récente campagne appuyée par l’Ambassade de France, plus de 926 élèves ont bénéficié de kits scolaires, malgré des infrastructures éducatives souvent délabrées.

Fondé en 2012, l’Espace Opoko œuvre pour la promotion de l’éducation, de la dignité et de l’inclusion sociale des peuples autochtones longtemps marginalisés dans l’accès à l’école et aux services de base. Cette année encore, l’organisation a marqué les esprits avec une vaste campagne de distribution de kits scolaires dans le département de la Lékoumou, couvrant les districts de Komono, Bambama, Zanaga et Sibiti.
Grâce à des soutiens ponctuels, notamment celui du programme Kotonga de l’Ambassade de France au Congo, l’Espace Opoko a pu distribuer des kits scolaires à plus de 926 enfants autochtones, dont 472 nouveaux bénéficiaires intégrés cette année. Ce programme représente un véritable levier d’inclusion éducative dans une région où l’accès à l’école reste encore un défi majeur pour les communautés autochtones.
Mais derrière ces succès se cachent de nombreuses difficultés logistiques et structurelles. Dans le district de Bambama, par exemple, un bâtiment scolaire fissuré menace la sécurité des élèves, tandis qu’à Zanaga, le village Obili abrite une école dans un état de dégradation avancée nécessitant une intervention urgente du gouvernement.
Consciente des obstacles, l’organisation a entrepris des actions concrètes pour améliorer les conditions d’apprentissage. À Sibiti, chef-lieu du département, l’Espace Opoko a construit le premier internat scolaire pour lycéens autochtones du Congo, une structure novatrice qui accueille déjà plusieurs dizaines d’élèves venus de différents départements. L’objectif : offrir à ces jeunes la possibilité de poursuivre leur scolarité après le brevet d’études primaires et secondaires (BEPC) dans un environnement adapté.
Cette année, plusieurs élèves autochtones du programme ont réussi le baccalauréat, un résultat salué comme une victoire collective. Pour accompagner cette progression, l’organisation finance deux maisons à Brazzaville afin de loger les étudiants autochtones poursuivant leurs études supérieures. Une initiative qui témoigne de la continuité de l’engagement d’Espace Opoko pour une éducation réellement inclusive.
Au cours de la campagne, l’équipe a également distribué des vêtements aux élèves autochtones et visité le lycée Augustin Poignet de Sibiti, où sept lycéens autochtones sont actuellement inscrits. Une modeste contribution a été remise à la direction de l’établissement pour soutenir les efforts d’encadrement.

Au total, plus de 20 communautés autochtones ont bénéficié de cette opération :
À Komono, huit communautés, dont Vouka, Kingani et Douakani ;
À Bambama et Zanaga, six communautés dont Obili, Bandzie et Kengue ;
À Sibiti, cinq communautés parmi lesquelles Mambouana, Henri Bounda et Indo.
Malgré ces avancées, le constat reste préoccupant : les infrastructures scolaires sont souvent vétustes, les routes difficiles d’accès et les ressources limitées. C’est pourquoi l’Espace Opoko lance un appel à tous les acteurs publics, privés, nationaux et internationaux afin de renforcer leur accompagnement. « L’éducation des enfants autochtones, c’est l’éducation du Congo tout entier », souligne un responsable de l’organisation. « Chacun doit apporter sa pierre pour construire un système éducatif équitable et inclusif. »
🖋️ Article rédigé par Vivace MAMBOUANA









