samedi, janvier 17, 2026
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À moins de cinq mois de l’élection présidentielle programmée en mars 2026, le paysage politique du Congo-Brazzaville se transforme : aux favoris habituels s’ajoutent une série de candidatures « alternatives », issues de nouveaux partis, de mouvements de l’opposition ou de personnalités issues de la société civile. Le casting s’élargit, mais la crainte d’un scrutin déséquilibré persiste.

Selon le calendrier officiel, l’élection présidentielle aura lieu le 22 mars 2026, après une révision des listes électorales prévue entre septembre et octobre 2025. Le président sortant, Denis Sassou-Nguesso, reste silencieux quant à une candidature, mais des appels se multiplient pour qu’il se porte candidat certains estiment qu’il demeure le « candidat naturel » de son parti, le Parti congolais du travail (PCT). Si sa participation reste incertaine, le contexte constitutionnel âge non limitatif pour la fonction présidentielle lui laisse la possibilité de briguer un nouveau mandat.

Des candidatures « alternatives » officiellement lancées

Figure autant redoutée que symbolique des années de tensions au Pool, Frédéric Bintsamou, alias Pasteur Ntumi, a lui aussi confirmé sa candidature sous la bannière du Conseil National des Républicains (CNR). L’ancien chef rebelle réapparaît dans l’arène politique avec un message centré sur la paix sociale et l’alternance. Sa candidature, inattendue pour certains, pourrait séduire une partie de la jeunesse et des populations rurales, même si son passé militaire divise encore.

Melaine Destin Gavet Elengo du Mouvement Républicain

Le 20 décembre 2024, le parti d’opposition Mouvement Républicain (MR) a désigné Destin Gavet comme son candidat pour 2026. Destin Gavet propose un programme ambitieux intitulé « Le changement : Vers un Congo prospère », avec des réformes radicales : réduction du train de vie de l’État, suppression du Sénat et de certains conseils consultatifs, transformation locale des matières premières, et une allocation chômage pour les jeunes diplômés sans emploi. Selon lui, le Congo a besoin d’un “nouveau départ”, et le MR se veut l’alternative sérieuse à la domination du PCT.

Vivien Romain Manangou : le professeur de droit

Coordonnateur du mouvement « Debout pour le Congo », lié au courant des « Mécontents », Vivien Manangou veut se faire la voix des laissés-pour-compte. Son discours, exigeant une refondation politique totale, séduit surtout dans la diaspora, les milieux étudiants et les catégories populaires urbaines. Sa candidature illustre l’existence d’un électorat fatigué des élites politiques traditionnelles.

Lassy Mbouity, Les Socialistes Congolais

Jeune écrivain, historien et journaliste né en 1988, Lassy Mbouity est à la tête du parti Les Socialistes Congolais depuis 2024. Il s’est déclaré candidat à la présidentielle 2026, incarnant un espoir pour une génération nouvelle, celle des jeunes intellectuels ou des citoyens qui aspirent à un renouvellement profond des pratiques politiques. Depuis sa réapparition suite à son enlèvement par des hommes armés et inconnus, Lassy Mbouity n’a plus été vu. 

Alexis Bongo, le journaliste devenu prétendant

Dans le camp des nouveaux challengers, Alexis Bongo s’est lancé tôt dans la bataille. Le journaliste et analyste politique, connu pour ses prises de position tranchées, a annoncé sa candidature en août 2025. Porté par un discours de rupture rassemblé dans un projet intitulé “Le Congo nouveau” il ambitionne de fédérer une jeunesse fatiguée de décennies de gouvernance inchangée. Reste à savoir si son mouvement parviendra à s’organiser au niveau national, dans un pays où l’opposition fragmentée peine à s’imposer dans les urnes.

Yvon Wilfride Lewa-Let Mandah, l’entrée d’un intellectuel « outsider »

En novembre 2025, via la publication de son ouvrage « L’Appel au devoir patriotique », il a officiellement annoncé sa candidature à la présidentielle 2026. Son profil diffère des politiciens traditionnels : auteur, homme de lettres, il mise sur une vision civique, intellectuelle et patriotique, visant à mobiliser un électorat sensible aux questions de gouvernance, de mémoire et d’identité nationale.

Vers un scrutin sous haute tension ?

La révision des listes électorales lancée fin 2025, officiellement présentée comme un gage de transparence, suscite espoir mais aussi scepticisme parmi les opposants, nombreux à douter des garanties d’équité. Le principal défi pour les candidats « outsiders » sera de dépasser le cadre médiatique restreint, de mobiliser un électorat souvent désabusé, et d’assurer une logistique de campagne efficace dans un pays où l’opposition reste largement minoritaire au niveau institutionnel.

La présidentielle de 2026 pourrait marquer un tournant pour le Congo-Brazzaville. L’émergence de candidats issus de la nouvelle génération politique, d’intellectuels ou de partis d’opposition inédits témoigne d’un désir réel de renouveau. Mais tant que la compétition reste fragmentée, sans coalition solide, et que les conditions du scrutin suscitent des doutes, le risque d’une élection inégale demeure élevé. À moins que la mobilisation populaire, couplée à une pression nationale et internationale, ne parvienne à imposer un véritable débat démocratique au-delà des jeux de pouvoir.

🖋️ Article rédigé par Berdy PAMBOU

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