Dans un discours offensif et très politique, Dave Mafoula a officiellement lancé sa candidature pour l’élection présidentielle de mars 2026. En dénonçant « 40 ans d’immobilisme » et en appelant à « un nouveau départ », l’opposant trace les contours d’un projet de rupture porté, dit-il, par « des millions de Congolais ».

Devant un public nombreux, Dave Mafoula a prononcé un discours largement axé sur l’alternance politique, mêlant références historiques, appels à l’unité nationale et critiques du pouvoir en place. À cette occasion, le Président du parti Les Souverainistes a annoncé son entrée en campagne pour l’élection présidentielle de mars 2026.
Dès les premières minutes, le ton est donné. « Notre pays est malade », affirme-t-il, estimant que « nous ne pouvons rien espérer du même président, du même gouvernement et du même système ». Pour lui, la rupture est devenue une obligation nationale.
Si Dave Mafoula n’a pas prononcé la formule classique « je suis candidat », il a clairement officialisé sa participation.
« Nous portons sur nos épaules la responsabilité de faire en sorte que l’expérience douloureuse des 40 ans du président Denis Sassou Nguesso s’arrête en mars 2026 », a-t-il déclaré.
Il ajoute : « Notre pays a besoin d’un nouveau départ, d’une République nouvelle, fondée sur la souveraineté populaire ».
Des mots qui résonnent comme une entrée en campagne, projet, calendrier, rupture, héritage. L’opposant revendique « l’ambition d’un nouveau départ » et dit agir « au nom de millions de Congolais » qu’il a rencontrés au cours de ses tournées dans le pays.
Dans un réquisitoire très dur, Dave Mafoula accuse le pouvoir actuel d’avoir « transformé nos institutions en instruments de domination » et d’avoir plongé le pays dans « la peur et la pauvreté ».
Selon lui, les 40 dernières années sont marquées par « l’immobilisme, le favoritisme et l’enrichissement illicite d’une oligarchie politico-tribale ».

Il cite des indicateurs : une dette publique « à 94 % du PIB », un indice de développement humain « de 0,57 », près de « 50 % de la population vivant sous le seuil de pauvreté ».
« Les indicateurs ne trompent pas », martèle-t-il.
Il évoque également la détresse sociale :
- « Les enseignants volontaires travaillent sans salaire »,
- « Les retraités vivent dans l’angoisse et la précarité »,
- « Nos universités sont paralysées par des grèves devenues nécessaires »,
- « Nos jeunes n’ont pas accès à l’emploi, racine même de l’insécurité ».
Un appel à la refondation nationale
Pour Dave Mafoula, la solution passe par une refondation institutionnelle :
« Il nous faut une Constitution rénovée, car celle d’aujourd’hui a été taillée sur mesure pour M. Denis Sassou Nguesso ».
Il appelle également à restaurer l’autorité de l’État, à garantir l’unité nationale et à replacer le citoyen au cœur de la politique publique :
« L’essence du pouvoir, c’est de répondre aux besoins des citoyens ».
Enfin, il situe sa candidature dans une continuité historique, rappelant l’héritage de figures comme André Matsoua ou Marien Ngouabi :
« Ces grandes figures nous interpellent. Serions-nous fidèles à leurs rêves si nous acceptions encore ce destin ? »
🖋️ Article rédigé par Vivace MAMBOUANA








