Réunis à Brazzaville, les acteurs de la société civile ont défini une stratégie commune pour renforcer la légalité forestière et peser davantage dans les négociations climatiques internationales.

Une vingtaine d’organisations de la société civile congolaise se sont réunies, le 23 mars 2026 à Brazzaville, à l’initiative du Groupe d’experts sur la synergie des organisations et plateformes de la société civile (GESOP).
Objectif, faire le point sur la gouvernance forestière, évaluer les actions menées en 2025 et définir les priorités stratégiques pour 2026, dans un contexte marqué par l’urgence climatique et les exigences accrues de transparence.
Au cœur des travaux, la validation d’une note d’analyse sur les grilles de légalité forestière, un outil central dans la mise en œuvre de l’Accord de partenariat volontaire FLEGT (APV-FLEGT) entre le Congo et l’Union européenne.
Un plaidoyer structuré et coordonné
À l’ouverture des travaux, Christian Mounzeo, président de la Rencontre pour la paix et les droits de l’homme (RPDH), a salué l’appui des partenaires techniques et financiers, notamment l’ONG Fern et le gouvernement britannique à travers le projet « Forêt, Gouvernance, Marché et Climat » (FGMC). « Ce projet vise à consolider la bonne gouvernance et à lutter contre les pratiques illégales dans le secteur forestier », a-t-il souligné.
Les participants ont insisté sur la nécessité d’un plaidoyer plus structuré et coordonné, en lien avec les grandes initiatives internationales telles que la CAFI, l’ITIE ou encore les Contributions déterminées au niveau national (CDN).

Partenariat UE-CONGO : une mise à jour attendue
L’atelier a également permis de faire le point sur les avancées du partenariat forestier entre la République du Congo et l’Union européenne.
Encore en phase de consolidation, ce mécanisme vise à renforcer la gestion durable des forêts, améliorer la traçabilité du bois et lutter contre l’exploitation illégale.
Pour les acteurs de la société civile, l’enjeu est clair : jouer un rôle plus actif dans le suivi et l’évaluation de ce partenariat, afin d’en garantir l’efficacité.
Les discussions se sont élargies aux conclusions de la COP30, notamment autour de nouveaux mécanismes comme le Tropical Forest Forever Facility (TFFF), qui pourrait offrir des opportunités de financement pour les pays forestiers.
La filière cacao a également été abordée, avec un accent sur les enjeux de durabilité et les perspectives économiques pour les communautés locales.
Cap sur la COP31 et les réformes à venir
En ligne de mire : la COP31 prévue en Éthiopie. Les organisations entendent y porter une voix plus forte et mieux coordonnée.
« Nous devons identifier clairement nos priorités de plaidoyer », a insisté un responsable du GESOP.
À l’issue de cet atelier, plusieurs recommandations devraient alimenter la prochaine réunion politique du partenariat UE-Congo et orienter les actions de la société civile pour l’année 2026.
🖋️ Article rédigé par Hophni BAYOKILA




