L’organisation Mirrors for Earth’s Energy Rebalancing (MEER) a achevé à Freetown, en Sierra Leone, la phase structurelle principale d’un centre de refroidissement passif à faible émission de carbone. Ce projet pilote, conçu sans électricité ni climatisation mécanique, ambitionne d’offrir une réponse concrète aux épisodes de chaleur extrême dans les communautés les plus vulnérables.

À Freetown, en Sierra Leone, l’organisation Mirrors for Earth’s Energy Rebalancing (MEER) a franchi une nouvelle étape dans son action en faveur de l’adaptation climatique. En mars 2026, elle a achevé la phase structurelle principale d’un centre de refroidissement passif à faible teneur en carbone, destiné à faire face aux effets croissants de la chaleur extrême.
Implantée sur un site communautaire dans une colonie côtière exposée à de fortes chaleurs, cette infrastructure a été pensée pour réduire la température intérieure sans recourir à l’électricité, aux réfrigérants ou à la climatisation mécanique. Le projet vise ainsi à démontrer que l’architecture seule peut constituer une solution d’adaptation thermique dans des zones où l’accès à l’énergie demeure limité.
Le centre repose sur l’utilisation du bambou comme matériau structurel principal, de systèmes de fixation en PET recyclé et d’une conception géométrique favorisant la circulation de l’air, l’ombrage et la réduction du rayonnement solaire. L’objectif est de limiter l’accumulation de chaleur avant même qu’elle ne pénètre dans l’espace occupé.
Pour MEER, cette réalisation marque également une avancée technique importante. L’organisation indique avoir affiné les techniques de jonction du bambou en milieu côtier humide, testé la résistance des fixations en PET sous charges structurelles et renforcé la capacité de fabrication locale.
« Ces types de structures de centres de refroidissement, construites à partir de matériaux durables et conçues sans dépendre de l’électricité, seront absolument vitales dans les pays du Sud dans le cadre de l’adaptation au changement climatique », a déclaré le Dr Ye Tao, fondateur et directeur scientifique de MEER.
Le projet s’inscrit dans une dynamique de recherche plus large. Selon MEER, une étude de cas évaluée par des pairs et publiée en 2025 dans la revue Climatic Change a mis en évidence des réductions mesurables des températures intérieures dans les structures modifiées, tout en relevant des défis de durabilité et de passage à l’échelle encore en cours d’évaluation.
Conçu comme un modèle de démonstration, le centre de Freetown pourrait être reproduit dans d’autres contextes climatiques similaires. MEER poursuit actuellement des discussions avec ses partenaires en vue d’un déploiement plus large, accompagné d’un suivi et d’une documentation technique.
🖋️ Article rédigé par Vivace MAMBOUANA


