mercredi, février 25, 2026

La rupture du câble sous-marin WACS, survenue début janvier au large de Pointe-Noire, a révélé la fragilité de la connectivité internationale du Congo. Plusieurs semaines de perturbations plus tard, la remise en service de l’infrastructure et l’activation accélérée du câble 2Africa marquent un tournant stratégique vers une résilience numérique renforcée.

La coupure du câble West Africa Cable System (WACS), enregistrée le 2 janvier 2026 à près de 70 kilomètres des côtes de Pointe-Noire, a fortement affecté l’accès à Internet en République du Congo. L’incident, localisé sur le segment reliant le pays à la station d’atterrissement de Matombi (CLS Matombi), a entraîné un ralentissement significatif du trafic, impactant particuliers, entreprises et administrations.

Jusqu’alors, le WACS constituait la principale artère de connectivité internationale du pays. Sa défaillance, aggravée par un défaut électrique sur la branche dédiée au Congo, a mis en évidence les risques d’un modèle reposant quasi exclusivement sur une seule infrastructure sous-marine.

DES ROUTES DE SECOURS SOUS PRESSION

Face à la crise, des capacités de secours ont été mobilisées via les interconnexions terrestres transitant par la République démocratique du Congo et l’Angola. Ces solutions ont permis d’éviter une coupure totale du pays, mais se sont rapidement révélées limitées en bande passante.

Aux heures de pointe, la congestion s’est accentuée, provoquant lenteurs, instabilités et dégradations notables de la qualité de service, notamment pour les usages professionnels et les plateformes numériques critiques.

RÉPARATION DU WACS : RETOUR À LA STABILITÉ

Les travaux de réparation du WACS ont été officiellement achevés le 12 février 2026 aux environs de 05h00. Selon les premières données de monitoring, les circuits entrants et sortants du Congo sont désormais stabilisés, confirmant une reprise normale du trafic international.

Cette remise en service a progressivement permis de restaurer les débits et de réduire les tensions observées sur le réseau national.

Dans le sillage de cet épisode, l’Autorité de Régulation des Postes et des Communications Électroniques (ARPCE) a encouragé les opérateurs à accélérer leur intégration au câble 2Africa, présenté comme une infrastructure stratégique pour la résilience et l’expansion de la connectivité en Afrique.

Selon M. Benjamin Mouandza, Directeur des Réseaux et Services des Communications Électroniques à l’ARPCE, les opérateurs ont fait preuve de réactivité :
« MTN Congo s’est connecté au 2Africa depuis le 2 février 2026, suivi de Congo Télécom, puis d’Airtel Congo », a-t-il souligné.

Les capacités actuellement activées sur 2Africa témoignent de cette montée en puissance :

• Congo Télécom : 200 Gbps
• MTN Congo : 100 Gbps
• Airtel Congo : 20 Gbps

Ces nouveaux apports ont contribué à absorber une partie du trafic durant la panne du WACS et renforcent désormais la bande passante internationale disponible.

VERS UNE ARCHITECTURE MULTI-CÂBLES

La crise du WACS marque un tournant majeur dans la stratégie numérique du pays. Le Congo évolue vers un modèle multi-câbles combinant :

• WACS
• 2Africa
• Corridors terrestres régionaux via la RDC et l’Angola

Cette diversification vise à améliorer la résilience du réseau national, renforcer la qualité de service (QoS) et limiter les risques de perturbations massives en cas d’incident sur une infrastructure majeure.

À moyen terme, cette redondance pourrait également favoriser une baisse des coûts de gros de la bande passante, avec des répercussions attendues sur les tarifs et la performance des services numériques.

UN ENJEU ÉCONOMIQUE ET STRATÉGIQUE

Au-delà de l’incident technique, cet épisode rappelle la dépendance croissante de l’économie aux infrastructures numériques. Mobile money, services OTT, e-commerce, plateformes administratives : tous reposent sur une connectivité internationale stable et redondante.

Avec la remise en service du WACS et la montée en charge de 2Africa, le Congo amorce une nouvelle phase de consolidation numérique, marquée par :

• une amélioration durable des débits,
• une continuité de service renforcée,
• une résilience accrue du réseau national,
• une attractivité renforcée pour les investissements technologiques.

Après plusieurs semaines de perturbations, le pays semble désormais mieux armé pour soutenir ses ambitions de transformation digitale.

🖋️ Article rédigé par Vivace MAMBOUANA

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Journaliste Reporter d'images, Correspond France 24

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