mercredi, février 25, 2026

À Brazzaville, le candidat déclaré à l’élection présidentielle, Dave Mafoula, a rencontré les acteurs du monde artistique. Une séance d’échanges présentée comme une étape clé dans l’élaboration de son projet de société, avec la culture érigée en levier d’identité et de cohésion nationale.

Image d’illustration

À mesure que l’échéance présidentielle approche, les consultations sectorielles se multiplient. Le 14 février, Dave Mafoula, président du parti Les Souverainistes et candidat déclaré, a échangé avec plusieurs représentants du monde culturel congolais. L’objectif affiché : recueillir les attentes et préoccupations des artistes afin d’alimenter le volet culturel de son programme.

La rencontre, organisée dans la capitale, a réuni chanteurs, musiciens, slameurs, peintres et autres créateurs. Dans une atmosphère décrite comme ouverte et participative, les intervenants ont dressé un tableau sans détour des difficultés auxquelles ils font face.

DES PRÉOCCUPATIONS RÉCURRENTES

Au cœur des échanges : la précarité des artistes. Plusieurs participants ont évoqué le manque de financements durables, l’insuffisance d’infrastructures adaptées, les difficultés de diffusion des œuvres ainsi que la faiblesse des mécanismes de protection sociale.

La question des droits d’auteur a également occupé une place importante. Des artistes ont dénoncé des dispositifs jugés inefficaces pour garantir une rémunération équitable et protéger la création locale.

« Nous créons, mais nous avons du mal à vivre de notre art », a résumé l’un des participants, traduisant un sentiment largement partagé.

LA CULTURE COMME PRIORITÉ POLITIQUE

Face à ces doléances, Dave Mafoula a reconnu l’existence de « nombreux défis structurels » dans le secteur culturel. Selon lui, la culture ne peut plus être considérée comme un domaine secondaire.

Le candidat estime qu’elle constitue un vecteur stratégique, à la fois d’expression identitaire et de développement économique. « Un pays ne vit pas seulement par ses routes et ses bâtiments, mais aussi par sa culture », a-t-il déclaré.

Dans son intervention, il a insisté sur le rôle des artistes dans la consolidation de l’unité nationale. « Lorsqu’un artiste crée, il ne le fait pas pour une région, mais pour le Congo », a-t-il affirmé.

UNE DÉMARCHE PARTICIPATIVE REVENDIQUÉE

Cette rencontre s’inscrit dans une série de consultations initiées par le candidat auprès de différentes catégories sociales. Étudiants, agriculteurs, retraités et personnes vivant avec handicap auraient déjà été reçus dans ce cadre.

Dave Mafoula défend une approche qu’il qualifie de participative. « Je ne veux pas élaborer une politique culturelle seul dans un bureau », a-t-il expliqué, promettant une intégration des propositions issues du terrain.

ENTRE ATTENTES ET PRUDENCE

Si certains artistes saluent une initiative d’écoute jugée rare dans le débat politique, d’autres appellent à la prudence. Plusieurs rappellent que les engagements de campagne doivent se traduire en actions concrètes.

Dans un contexte où la question du financement et de la structuration du secteur culturel reste sensible, les attentes demeurent élevées.

UN ENJEU ÉLECTORAL ET SYMBOLIQUE

À travers cette consultation, Dave Mafoula confirme sa volonté de faire de la culture un axe visible de son discours politique. Un positionnement qui vise à séduire une jeunesse créative tout en s’appuyant sur la dimension symbolique du secteur artistique.

Reste à savoir si ces échanges déboucheront sur des propositions détaillées et des mesures applicables en cas de victoire.

🖋️ Article rédigé par Hophni BAYOKILA

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Tags:
Société de médias/d’actualités

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