Exclusif : des fuites révèlent l’architecture du nouveau gouvernement, entre fidélité de fer et surprises stratégiques

Brazzaville, 16 avril 2026 : Les couloirs du Palais du Peuple murmurent depuis hier. Des sources proches de la présidence ont dévoilé à notre rédaction l’ossature du gouvernement qui verra le jour dans les heures suivant l’investiture de Denis Sassou N’Guesso. Entre continuité affichée, création inédite d’un ministère de la Souveraineté nationale et nomination surprise à la Communication, le chef de l’État dessine les contours d’un cinquième mandat déjà en marche.
Cette annonce précoce traduit la volonté présidentielle d’imposer immédiatement une ligne claire. La méthode ?
Ménager le fer et le feu : conserver l’essentiel de l’équipe en place tout en opérant des nominations stratégiques qui répondent aux enjeux actuels du pays.
La stabilité, maître mot
Le Premier ministre, Anatole Collinet Makosso, directeur national adjoint de campagne et porte-parole du candidat victorieux, conserve ses fonctions. Sa confirmation témoigne de la satisfaction présidentielle quant à la gestion des affaires courantes.
Christian Yoka : le neveu du président reste aux Finances. Ancien directeur du département Afrique de l’Agence française de développement, ce technocrate de 55 ans, formé à la Sorbonne et à Boston University, a pour mission de redresser des comptes publics asphyxiés par une dette frôlant les 100 % du PIB.
Jean-Claude Gakosso : le diplomate chevronné, en poste depuis août 2015, poursuit sa longue marche aux Affaires étrangères et à la Francophonie.
Pierre Oba (Industries minières et Géologie), Pierre Mabiala (Affaires foncières et Domaine public), Jean-Jacques Bouya (Aménagement du territoire et Grands travaux), Alphonse Claude Nsilou (Commerce et Approvisionnements), Charles Richard Mondjo (Défense nationale) : les barons de l’appareil d’État sont reconduits dans leurs fiefs.
Denis Christel Sassou N’Guesso : le fils du président conserve la Coopération internationale et les partenariats public-privé, un poste stratégique, loin de l’ombre médiatique.
Les coups de théâtre

Deux nominations marquent ce remaniement et témoignent d’une volonté de renouvellement ciblé.
Thierry Moungalla, l’homme de la Justice
Avocat de formation, né à Paris en 1965, proche du chef de l’État, reconnu pour son franc-parler et sa capacité à défendre la ligne gouvernementale. Sa nomination traduit la volonté de moderniser l’appareil judiciaire et de renforcer l’État de droit.
Françoise Joly, la voix nouvelle
Quarante-huit ans, longtemps dans l’ombre des cabinets ministériels où elle a coordonné la communication des campagnes présidentielles de 2021 et 2026. Formée à l’École supérieure de journalisme de Lille, titulaire d’un master de Sciences Po Paris, elle devient ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement. Une première qui ouvre la voie aux femmes à ce poste stratégique.
Le ministère de la rupture
L’innovation majeure émerge des couloirs du pouvoir : la création d’un ministère de la Souveraineté nationale, de la Paix et de la Réconciliation nationale. Un portefeuille inédit, en réponse aux fractures sociales et aux défis identitaires du pays.
Antoine Bien Aimé Obam’Ondon, 34 ans, député de la deuxième circonscription de Gamboma et porte-parole de la campagne présidentielle, en est le premier titulaire. Sa feuille de route : consolider l’unité nationale, promouvoir la paix sociale et veiller à la préservation des intérêts fondamentaux de la nation.
Ce que révèle ce gouvernement
La méthode est lisible comme une signature. Sassou N’Guesso conserve l’ossature pour rassurer, innove par touches pour marquer. La création du ministère de la Souveraineté nationale répond à l’impératif de cohésion sociale. La nomination de Françoise Joly ouvre une brèche dans le plafond de verre.
Le message politique est clair : stabilité d’abord, ouverture ensuite, unité nationale enfin.
Le Congo des cinq années à venir se construit sur ces trois piliers, sous la conduite d’un homme qui, après quarante années de pouvoir cumulées, entend encore écrire des pages de son histoire.







