Longtemps dominée par la secrétaire générale sortante Louise Mushikiwabo et la candidate congolaise Juliana Amato Lumumba, la course à la tête de l’Organisation internationale de la Francophonie pourrait connaître un tournant inattendu avec l’entrée en scène de la Mauritanienne Coumba Ba. Discrète mais influente, elle apparaît désormais comme une possible candidate de compromis dans un contexte diplomatique tendu entre Kigali et Kinshasa.

Alors que les tractations diplomatiques s’intensifient autour de la succession à la tête de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), une nouvelle figure attire de plus en plus l’attention des observateurs : la Mauritanienne Coumba Ba.
Moins exposée médiatiquement que ses concurrentes, l’actuelle ministre et conseillère à la présidence mauritanienne mène une campagne discrète, mais jugée méthodique et efficace dans les cercles diplomatiques africains et francophones.
Jusqu’ici, la compétition semblait principalement opposer la secrétaire générale sortante, Louise Mushikiwabo, soutenue par Kigali pour un nouveau mandat, et la candidate congolaise Juliana Amato Lumumba, portée par Kinshasa comme symbole d’une nouvelle orientation au sein de l’espace francophone.
Mais selon plusieurs analystes, l’équation diplomatique dépasse désormais le simple cadre institutionnel de l’OIF. En toile de fond, les relations entre le président français Emmanuel Macron et son homologue rwandais Paul Kagame continuent de peser sur les équilibres politiques régionaux.
Pour certains observateurs, «un remplacement direct d’une candidate rwandaise par une candidate congolaise pourrait être perçu comme une défaite politique pour Kigali». Une situation qui risquerait, selon eux, de fragiliser les équilibres diplomatiques déjà sensibles entre Paris, Kigali et Kinshasa, dans un contexte marqué par les tensions persistantes dans l’est de la République démocratique du Congo.
Dans ce climat, la candidature de Coumba Ba apparaît progressivement comme une alternative susceptible de rassembler plusieurs États membres soucieux d’éviter une confrontation politique ouverte au sein de la Francophonie.
La Mauritanie, considérée comme relativement neutre dans ce dossier, pourrait ainsi offrir une solution de compromis acceptable pour différentes capitales influentes.
Âgée de 56 ans, Coumba Ba disposerait également d’un important réseau relationnel construit au fil des années dans les milieux diplomatiques africains. Son profil consensuel et sa discrétion pourraient constituer des atouts majeurs à l’approche de cette élection à haute portée politique.
À mesure que les négociations avancent, plusieurs observateurs estiment désormais que cette candidature pourrait rebattre complètement les cartes de la succession à la tête de l’OIF.
🖋️ Article rédigé par Vivace MAMBOUANA



