jeudi, juin 25, 2026

Le ministère de l’Enseignement supérieur a organisé, le 24 juin à Brazzaville, la restitution du rapport final des travaux de la Commission de réflexion sur le développement de l’enseignement supérieur dans le département de la Likouala. Au terme de plusieurs mois de travaux, la commission présidée par le Pr Bernard M’Passi Mabiala recommande la création d’une université publique polyvalente afin de rapprocher l’enseignement supérieur des populations du nord du pays et d’accompagner le développement du département.

Dans son allocution d’ouverture, la ministre de l’Enseignement supérieur, la professeure Delphine Edith Emmanuel, a placé cette réflexion sous le signe de la « conquête des territoires par l’enseignement supérieur ». Elle a rappelé que les universités publiques sont aujourd’hui principalement concentrées à Brazzaville, auxquelles s’ajoutent l’École nationale de formation initiale et continue des enseignants de Mouyondzi et le projet d’Université de Loango.

« À partir de Djambala jusqu’à la Likouala, il n’y a pratiquement pas d’enseignement supérieur public », a-t-elle relevé, soulignant que cette situation prive de nombreux bacheliers de la possibilité de poursuivre leurs études faute de moyens pour rejoindre les grands centres universitaires.

Selon elle, la réflexion engagée sur la Likouala s’inscrit dans une démarche prospective visant à préparer l’enseignement supérieur de demain dans le cadre de la Vision Congo 2063 et du projet de société du président de la République, qui met l’accent sur le développement du capital humain.

Présentant les conclusions de la commission, le Pr Bernard M’Passi Mabiala a indiqué que les analyses menées montrent l’existence d’un important potentiel d’étudiants dans l’Académie de Makoua. Le département de la Likouala compte plus de 2 400 élèves dans le cycle secondaire susceptibles d’accéder à l’enseignement supérieur, tandis que l’ensemble de l’académie constitue un bassin inter-départemental en croissance.

Le rapport met également en avant les atouts économiques et environnementaux de la Likouala, notamment ses vastes forêts du bassin du Congo, ses ressources halieutiques, sa biodiversité exceptionnelle, son potentiel agricole ainsi que les opportunités offertes par l’écotourisme.

Pour répondre à ces réalités, la commission propose la création d’une université publique articulée autour de trois instituts spécialisés : l’Institut supérieur des écosystèmes et de l’environnement, l’Institut supérieur des sciences infirmières et biomédicales et l’Institut supérieur de la pêche en eau douce et de l’aquaculture. Deux facultés interdisciplinaires et une École supérieure de tourisme et d’hôtellerie compléteraient cette offre de formation.

La sénatrice de la Likouala, Odette Massoussa, a salué une initiative qui répond selon elle à l’impératif d’égalité des chances. Pour l’élue, l’université doit être implantée au plus près des apprenants afin de permettre aux jeunes bacheliers de poursuivre leur parcours académique sans être contraints de migrer vers les grandes villes.

« Tous les enfants du Congo doivent pouvoir être formés de l’école primaire jusqu’à l’université dans leurs départements », a-t-elle estimé, considérant que l’enseignement constitue le principal levier de développement du pays.

La sénatrice a également soutenu l’orientation visant à développer des formations liées aux spécificités locales. Selon elle, la forêt, l’eau et les richesses naturelles de la Likouala offrent des opportunités importantes pour former les jeunes dans des domaines directement liés à leur environnement.

Même satisfaction du côté de Donald Mobobola, ressortissant de la Likouala, qui voit dans ce projet une concrétisation des engagements pris par le Président de la République en faveur du développement du département.

Il a insisté sur la nécessité de mettre en place une université fortement orientée vers les spécialisations porteuses d’emplois. Selon lui, les formations proposées doivent être directement liées aux réalités économiques de la Likouala afin de favoriser l’employabilité des jeunes diplômés et leur contribution au développement local.

« Nous voulons des spécialités qui conduisent au développement », a-t-il déclaré, plaidant pour une offre de formation adaptée aux secteurs de la forêt, de l’eau, de l’agriculture et des ressources naturelles.

Pour sa part, Maître Steve Bagne a également salué l’initiative du ministère. Il a suggéré que le futur établissement intègre une école dédiée aux métiers du bois et à l’agroforesterie, compte tenu de la vocation forestière du département.

Il a par ailleurs souligné l’importance du projet de corridor 13, qui devrait contribuer au désenclavement de la Likouala, faciliter la mobilité des enseignants et des étudiants et favoriser l’électrification de la zone, autant de conditions nécessaires au fonctionnement d’un établissement universitaire moderne.

À l’issue des échanges, un consensus s’est dégagé autour de la nécessité de développer dans la Likouala un enseignement supérieur fortement connecté aux réalités économiques, environnementales et culturelles du territoire. Les participants ont appelé à la poursuite des études techniques et financières afin de transformer cette réflexion en projet concret.

🖋️ Article rédigé par Vivace MAMBOUANA

Banner Content
Tags: , , ,
Journaliste Reporter d'images, Correspond France 24

Article connexe

0 Commentaires

Laissez un commentaire

Rejoignez-nous

Loading...