vendredi, juin 19, 2026

Malgré son statut de pays producteur de pétrole, la République du Congo est une nouvelle fois confrontée à une pénurie de carburant qui perturbe le quotidien des populations. À Brazzaville, les files d’attente s’allongent devant les stations-service, les revenus des transporteurs chutent et les tarifs de transport augmentent.

Depuis près d’un mois, Brazzaville vit au rythme d’une pénurie de carburant. Dans plusieurs stations-service de la capitale, les ruptures de stock sont devenues fréquentes. Lorsqu’un camion-citerne arrive, de longues files d’attente se forment rapidement, provoquant parfois des tensions entre automobilistes et motocyclistes.

Certains chauffeurs préfèrent même passer la nuit devant les stations dans l’espoir de faire le plein avant l’épuisement des stocks.
Une situation devenue familière en République du Congo, pourtant l’un des principaux producteurs de pétrole d’Afrique centrale. Ce contraste alimente l’incompréhension et la colère de nombreux citoyens, qui peinent à comprendre comment un pays producteur peut être confronté à des difficultés récurrentes d’approvisionnement en carburant.

« J’ai été contraint de restituer la moto à son propriétaire à cause de cette pénurie. Avec seulement 10 000 F CFA de recettes par jour, dont 7 000 F à reverser au propriétaire, sans compter les dépenses de carburant, il devient difficile de s’en sortir. Je suis chef de famille et j’ai des responsabilités à assumer », témoigne Éric, chauffeur de taxi rencontré à la station-service de Moukondo.

Comme lui, de nombreux conducteurs voient leurs revenus fortement affectés. Chaque heure passée dans une file d’attente représente un manque à gagner. Pour les chauffeurs de taxi, le carburant constitue l’outil principal de travail. Lorsqu’il vient à manquer, toute leur activité est ralentie, voire paralysée.

« Je ne travaille plus que trois jours sur sept désormais. L’activité tourne au ralenti et cela représente une perte importante pour nous », confie un autre conducteur.
Les conséquences de cette pénurie se répercutent également sur les usagers. Face à la rareté du carburant, certains transporteurs ont revu leurs tarifs à la hausse afin de compenser les longues heures d’attente et les coûts indirects liés à l’approvisionnement.

« Rien que pour aller de Massengo à Moungali, j’ai déjà dépensé 700 francs CFA. C’est trop », déplore une passagère rencontrée à un arrêt de bus.
Dans ce contexte, un autre phénomène attire l’attention dans les rues de Brazzaville : celui du marché parallèle du carburant. Communément appelés « Kadhafi » dans le langage populaire, certains revendeurs se procurent du carburant en quantité pour le revendre ensuite à des prix largement supérieurs.

Ce système informel, qui se développe particulièrement en période de pénurie, alimente les frustrations. Il est souvent perçu par la population comme un facteur aggravant de la rareté du carburant.

Face aux inquiétudes de la population, le gouvernement a apporté des explications. Dans un communiqué publié le 18 mai, il a indiqué que cette pénurie résulte notamment de la baisse des stocks de produits pétroliers sur les marchés internationaux, dans un contexte marqué par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient.

Même si le Congo produit du pétrole brut, la disponibilité du carburant dépend de chaînes complexes de transformation et d’approvisionnement. Le pétrole extrait doit être raffiné avant d’être consommé localement, et une partie des produits finis dépend encore du marché international.
Ainsi, les perturbations observées dans certaines régions stratégiques du monde peuvent entraîner des retards de livraison, une hausse des coûts du transport maritime et une pression accrue sur les stocks disponibles.

Ces effets se répercutent ensuite sur les pays importateurs ou partiellement dépendants de ces circuits, à l’image du Congo.
À ces facteurs externes s’ajoutent des contraintes internes. Les spécialistes évoquent notamment des capacités de stockage limitées, des difficultés logistiques ainsi que des défis liés à la distribution des produits pétroliers sur l’ensemble du territoire. Ces éléments contribuent à amplifier l’impact des crises d’approvisionnement.

Pour de nombreux observateurs, cette situation relance le débat sur la nécessité de renforcer la résilience du secteur énergétique national. Plusieurs pistes sont régulièrement évoquées, notamment l’augmentation des capacités de stockage stratégique, la modernisation des infrastructures de distribution et le renforcement des mécanismes de gestion des stocks.

Reste désormais à savoir si les discussions engagées entre Washington et Téhéran déboucheront sur un accord durable. Une issue favorable pourrait contribuer à stabiliser progressivement
le marché pétrolier mondial.

🖋️ Article rédigé par Nuptia Yvette DOMBI

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Journaliste Reporter d'images, Correspond France 24

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